









J'ai pus tater en profondeur de mon nouveau jouet toute cette semaine, et voilà donc le résultat d'une session d'enregistrement impromptue, étrangement pas très noise/bruitiste !

Le monde rentre dans un sac, le new album de Rotkappchen (c'est qui ce type ?!) en mp3 ! Recyclage d'un vieil artwork pour l'occasion afin de pondre une cover expéditive. Attention, Noise hyper chaotique à l'intérieur.

Entre sessions Soundpainting et sessions Noise, mon coeur balance, mais le pornoise l'emporte toujours au final. Bref, après une journée chargée en enregistrement, j'ai récupéré ces 12 minutes de nappes bruitistes sans concession.
http://rotkappchen.free.fr/noise42.mp3
Ici il s'agit d'une petite impro afin de tester un nouvel instrument, mélange électronique interressant mais assez aléatoire, avec lequel on peut quand même faire de la musique.
Une autre petite compo, cette fois piano voix. Mais ce n'est pas du piano voix comme on l'entend traditionnellement, sinon ça ne serait pas fun, je suis pas là pour faire la star academy.
Ca s'appelle "Les flaques"
Voici une des mes compositions perso, écrite il y'a 2 ans mais retouchée ces jours ci avec mes nouveaux effets et en virant les solos shred-ennuyeux de guitare. Le mélange d'une rythmique rock avec des sonorités free jazz (piano), hip hop (DJ), et évidemment NOISE. Il manque quelques transitions de ci de là et un peu de noise vers la fin, mais on s'en fou. J'en suis enfin satisfait, après plus de 2 ans de thinking dessus.
Ca s'appelle "Tu avales du sable en croyant boire de l'eau."
Nouvelle aquisition dans ma boucle d'effet, voilà le Delay modeler de Line 6. L'objet assez imposant propose plein d'effets spaghetti un peu useless à priori (je n'ai pas encore vraiment expérimenté), j'utilise pour ma part majoritairement 2 effets : Le mode Reverse et le Loop Sampler.
Le mode reverse, une fois maitrisé et surtout bien configuré, permet de créer des solos typés Hendrix, et de reproduire les plus fameux licks d'Are you experienced ou de Castle Made of Sands. On peux carrément couper le son initial et simplement laisser sortir les phrases à l'envers ! Les phrasés deviennent alors imprévisibles et gagnent une dimension surnaturelle. Mais c'est évidemment le Loop Sampler qui fait tout l'interet de la pédale. Les phrases enregistrées sont directement restituées en 24 bits (mais pas en true bypass), et on peux accélerer ou diviser par 2 la vitesse, et même looper en mode reverse ! Il y'a alors moyen de lancer une note de basse, de l'enregistrer et de la passer en reverse pour donner un contexte oriental, typé sitar. Ou bien renverser les accords pour faire des rythmiques étranges, désyncronisées. On peut bien sur réenrengistrer sur son premier loop pour créer de véritables atmosphères, complexes et mélodiquee, tout en partant en solo par dessus et se faire plaisir d'une manière totalement nouvelle. J'utilise personnellement ce Loop Sampler pour faire du noise ; couplé à mon Fernandes Sustainer et à l'Octavia de Roger Mayer, j'arrive à atteindre des hautes fréquences et à créer des nappes de sons en one shot, sans passer par le pc après chaque ligne (très laborieux si on joue en direct).

Akira Yamaoka, le compositeur attitré de la série Silent Hill est depuis le troisième épisode également producteur. Il peut donc imposer sa vision de Silent Hill au-delà de la bande sonore, et transmet sa philosophie également dans les images. Si la musique de Silent Hill premier du nom était clairement bruitiste, composée de schémas répétitifs et d’expérimentations sonores (des enregistrements de pianos ou de batterie passés à l’envers, des percussions métalliques au rythme haché (I’ll Kill For You, My Heaven), un travail sur le larsen (My Justice For You, Not Tomorrow 2), etc…), les bandes sons qui suivront seront de plus en plus mélodiques et mélancolique ; Yamaoka parviendra à créer un univers musical propre et unique à Silent Hill.
Rotka : La première question est plutôt essentielle à mon avis. Il est connu que vous avez été influencé par les artistes surréalistes tels que Hans Bellmer et Francis Bacon, pourtant vos œuvres sont réellement uniques et dérangeantes à leur façon ; vous êtes parvenus à créer un monde qui vous est propre.
De quels artistes ou tendances artistiques vous sentez vous proche ? Pouvez vous nous parler de vos artistes préférés pour que l’on puisse les découvrir ?
Masaharu Ito : Premièrement, je n’apprécie pas Hans Bellmer. Il se trouve que la créature « Mannequin » (de Silent Hill 2) ressemble à l’une de ses œuvres les plus célèbres, mais je le regrette. Par contre j’adore les travaux de Francis Bacon ! Il a eu une grosse influence sur les créatures de SIlent Hill 2. J’affectionne aussi les travaux de Joel-Peter Witkin (photographe américain porté sur les images dérangées, entre érotisme et perversion). Spécialement l’oeuvre originale qui aura servit pour la scène de l’homme qui secoue sa tête à grande vitesse, dans le film L’Échelle de Jacob. Film que j’adore.
Rotka : Comment décririez vous vos créations ?
Masaharu Ito : J’utilise seulement mon imagination pour dessiner, peindre, créer des personnages ou des sculptures. Mon imagination est influencée par les expériences vécues pendant mon enfance : l’observation, certains films, etc. J’essais de dessiner les mondes étranges de la manière la plus réaliste possible. C’est vraiment agréable et c’est ma plus grande motivation.
Si Silent Hill est une œuvre complexe au niveau scénaristique, tirant ses influences du coté de l’Échelle de Jacob (d’Adrian Lyne), d’Alfred Hitchcock ou encore de Lovecraft, la série est tout aussi époustouflante du point de vue artistique. C’est à Masahiro Ito que l’on doit le design des créatures des deux premiers Silent Hill, avant que l’homme ne devienne ni plus ni moins que le directeur artistique du troisième opus. Si aujourd’hui les américains qui s’occupent de Silent Hill Homecoming (anciennement appelé Silent Hill 5) ne semblent se souvenir que des infirmières (seules vestiges du passé dans ce nouvel opus), le travail de Masahiro Ito ne se résume pas à ça et ses influences surréalistes restent présentes tout au long de son œuvre.
Pour les nouvaux venus, découvrez Masahiro Ito en profondeur dans ce billet ci, en sus de l'interview proposé par ce billet là.

Une créature typique de Masaharu Ito : Le corps se déforme et semble littéralement en train de fondre.