Le RPG à son paroxysme (1) : La Grande Déception
Par GoldenLeaf, le 05/03/2026 à 14h13 (31 vues)
Le vieux Dragon Quest VII, c'est un objet vidéoludique quasi mythique, en particulier pour un joueur francophone...
Je-ne-sais-quelle drôle de pulsion m'a fait sauter sur la version Reimagined d'un jeu que j'avais adoré détester en son temps, alors même que j'ai largement boudé la première réédition sortie sur 3DS (laquelle intégrait vraisemblablement nombre des améliorations qui rendent la dernière si limpide). Mais enfin, à la vue des premiers trailers, il semblait que Dragon Quest, l'élitiste et conservatrice série japonaise, avait enfin achevé sa mue (entamée à l'occasion de l'encore trop loooong huitième épisode), en s'attaquant aux excroissances perturbant le septième épisode, celui de tous les excès.
NB: nous parlons tout de même d'une version "réduite" proposant une bonne cinquantaine d'heures de jeu pour sa partie principale.
Le "vieux" (on l'appellera ainsi, surtout par affection) Dragon Quest VII, il faut lui rendre ses lauriers, s'appelait d'ailleurs Dragon Warrior VII, et il a été le dernier de la bande à se voir apposer ce curieux pseudonyme, aujourd'hui rejeté dans les sables du temps.
Alors, pourquoi ?
Parce qu'il a mis un temps infini à sortir, devenant une sorte d'arlésienne, voire d'Apocalypse tant il semblait évident qu'il provoquerait son lot de dévotion. Mais enfin, lorsque le petit est venu au jour, il se coltinait Final Fantasy IX, qui, en plus d'avoir deux unités de plus, relevait... comment dire... d'un autre monde graphique, musical, ludique ! Dragon Quest VII, au risque d'en faire sourire les spécialistes, c'est un voyage dans le temps en soi.
La deuxième raison, c'est la conséquence directe de la première : bien que complètement has been des années même avant sa propre sortie, Dragon Quest présentait une esthétique dès lors unique, pas si abominable que cela quand on regardait les petits personnages ou certains effets de lumière, voire rigolo-mignonne (j'invente le mot) concernant les monstres, de surcroît bien animés. Alors les premières heures se sont révélées assez intrigantes, et l'atmosphère générale du jeu a pu rester tout au long de ces interminables dizaines d'heures une forme de qualité.
La troisième raison ne concerne que les francophones dans mon genre, n'ayant jamais touché au moindre épisode de la série : nous étions plongés en plein paradoxe, conscients de nous attaquer à un monument, complètement décalés par rapport à des hordes de Japonais se prosternant au pied des descendants de Roto, bien seuls sous nos latitudes à nous battre avec ce qui aurait pu apparaître à des esprits chagrins comme ce que l'on nomme pudiquement une daube.
Pour un RPG proposant de voyager dans le temps, et prenant un malin plaisir à faire passer, repasser le joueur sur les mêmes îles, il y avait bien là une forme d'ironie (qui, me concernant, frisa largement le tragique).
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