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Dossier

Chroniques du J-RPG : le marché portable, ambassadeur actuel

Le passé plus présent que jamais

Comme pour s’accrocher au passé, la PSP et la DS conservent certains éléments qui nous rappellent les premières heures du J-RPG. Explications à tâtons d’une tendance conservatrice.

Le Dungeon-RPG en force

Posons-le simplement, de la sixième génération (GBA) à la septième (PSP+DS) le genre Dungeon-RPG a pris 10 points dans la part du J-RPG. En brut, on passe de 7 titres à 69. Une augmentation astronomique quand on connait la tendance déficitaire du Dungeon-RPG sur les deux générations précédentes. Comment alors expliquer qu’un genre tombé en désuétude il y a très peu de temps connaisse un renouveau sur la PSP et la DS ? Les codes n’ont pourtant pas ou peu changés. Ici on ne pourra fournir que des pistes, car il est difficile de prouver les assomptions qui vont suivre.

Premièrement, d’ordinaire, le Dungeon-RPG est un genre peu couteux, si ce n’est le moins coûteux. On le voit bien avec Etrian Odyssey, on se contente en général du strict minimum : une suite d’écran en guise de QG, des combats sur plans fixes, une histoire, un background, un univers et des personnages réduits au minimum voire inexistants, des donjons générés aléatoirement, des décors assez minimalistes, … Le fait que l’industrie du J-RPG soit au plus mal économiquement expliquerait alors la recrudescence de Dungeon-RPG. Il parait facile de les sortir à la chaine sans prendre énormément de risques et ainsi s’assurer un revenu régulier, quand bien même les ventes seraient tout juste correctes voire moyennes.

Ensuite, l’expansion récente des développeurs ténors du genre peut jouer. On pense à Chunsoft, qui s’est refait une santé grâce à ses jeux Pokémon sur DS, ou à Atlus, qui doit sa bonne santé à ses Persona, des softs très complets. Conséquemment ces deux studios ont pu profiter de ces succès pour financer de nouveaux titres exclusifs à la PSP et à la DS (Strange Journey, Etrian Odyssey et Fuurai no Shiren 5 par exemple). Par effet ricochet, cette impulsion semble avoir donné des idées à d’autres studios, dynamisant ce secteur du J-RPG. Les Izuna de Success Corp se font alors une petite place sur DS, tout comme les Class of Heroes de Zerodiv.

Enfin, on serait tenté d’évoquer la relation particulière du genre avec les japonais. Le Dungeon-RPG n’a jamais été un genre qui a fait un véritable tabac en occident, mais a toujours eu un succès certain au Japon. Peut-être est-ce son ancienneté qui le lie au public nippon. Sa popularité actuelle reposerait sur une sorte de tradition qui se voit perpétuée. Toujours est-il qu’outre les gros titres (Persona 3, Etrian Odyssey, etc) les Dungeon-RPG ont un écho très majoritairement japonais.

La suggestion, réelle force du J-RPG ?

Sur PSP et DS, deux consoles au potentiel technique suffisant pour afficher de la full-3D, des réticences se font véritablement sentir. Hormis les gros studios comme Square Enix, seulement peu de développeurs ont décidé de se consacrer réellement à la 3D. Cette tendance devient même plus extrême lorsque l’on s’attarde sur la flopée de titres pareils à Half-Minute Hero, volontairement rétro, de toute évidence pour toucher un public de nostalgiques. Sur DS, la full-3D implique souvent (si ce n’est constamment) des modèles de personnages en SD (Ring of Fates, Golden Sun 3), où la tête est disproportionnée par rapport au corps, donnant un aspect particulier aux titres, que certains qualifient d’enfantin. C’est peut-être là une des raisons des réticences au passage à la 3D, les développeurs étant vraisemblablement à l’écoute des attentes des joueurs sur cette génération. Peut-être est-ce une question de moyens, encore, les clés manquent pour décrypter de façon objective cette tendance.

Mais l’hypothèse qui se veut la plus forte sur le net et dans les cercles de joueurs de la « vieille école », c’est celui de la suggestion. Vaste sujet vous en conviendrez, et nous ne manquerons pas d’y revenir. Toutefois cette conjecture voudrait que le J-RPG tire en grande partie son essence de la force de suggestion que lui procurait la 2D. Ainsi le phénomène présent sur portables représenterait la volonté d’un genre en perdition de se raccrocher à sa raison d’être même, avant le passage forcé à la 3D totale sur PS Vita et 3DS, au risque de ne pas perdurer et de ne pas se vendre si jamais la 2D restait à l’ordre du jour. Souvent, l’argument avancé ici pour prédire la prochaine tendance est l’analogie avec le marché consoles de salon de la septième génération.

Selon cette théorie donc, la 2D servirait la narration de belles histoires, dans des univers très suggestifs où la marge d’identification du joueur au monde serait plus large car le cadre moins précis, laissant l'imagination travailler. Il s’agirait là de l’ « âme » du J-RPG. Tout cela semble se tenir en un sens, et nous ne sommes pas là, dans cet article, pour juger du bien-fondé de telles assertions. Après tout Radiant Historia, malgré sa plastique minimaliste, a connu un bon succès critique et commercial (pour un J-RPG, restons mesurés) qui lui a souvent valu le titre de meilleur jeu de rôle japonais portable. Rappelons simplement ici les softs de Vanillaware (Odin Sphere, Muramasa), dont le parti pris assumé n’a pas empêché une véritable reconnaissance de la critique et des joueurs sur des plateformes qui s’étaient véritablement éloignés de la 2D (Playstation 2, Wii). Toutefois, soyez-en sûr, nous nous attarderons longuement sur ce sujet dans le futur.


20/07/2012
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