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Final Fantasy Tactics: The Ivalice Chronicles
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Final Fantasy Tactics: The Ivalice Chronicles![]() Le Justice émerge d'une mare de sang
Square Enix ne perd pas le nord en remettant régulièrement sur le métier (ou plutôt dans les bacs) les monuments sur lesquels s'est bâti le mythe. Assez confidentiel (au moins sur le Vieux Continent) lors de sa sortie, Final Fantasy Tactics, a régulièrement séduit ceux qui s'y étaient essayés. Après sa réédition sur PSP, après deux épisodes GBA/DS clairement moins profonds en termes d'univers, la disparition de Yasumi Matsuno laissait augurer les oubliettes pour l'aventure de Ramza. Et puis vinrent les rumeurs de remake pour, finalement... une simple réédition ? Le Bien contre le MalFinal Fantasy Tactics nous a conté en 1997, alors que Squaresoft exposait à la face du monde sa finesse et sa puissance, le destin tourmenté du fils en partie illégitime de la noble famille Beoulve : Ramza. Tandis que la voie toute tracée d'un digne serviteur du prince Larg s'ouvrait à lui, Ramza se trouvait finalement embarqué dans une guerre civile qui allait mettre à rude épreuve ses naïves convictions. Guidé par une soif de justice tout autant héritée de son père que de sa mère, Ramza emprunterait le chemin le plus difficile : celui qui n'est bordé que d'embûches, que d'ennemis, au nom de l'intérêt général et de la défense des plus faibles. En sa compagnie, nous étions invités à découvrir la douleur de voir l'amitié trahie, de voir son pays et sa réputation traînés dans la boue. Une réédition émouvanteLe Final Fantasy Tactics original n'est pas exactement un jeu engageant : esthétique minimaliste, en grande partie dictée par les contraintes techniques de la PS1 (c'est la raison, notamment, de la taille relativement réduite des maps), personnages froids comme les tombes qu'ils remplissent à coups de complots et de trahisons, langage soutenu, cynique, et régulièrement minimaliste... le tout dans une intrigue aux multiples personnages et aux multiples enjeux. On ne rigolait pas franchement dans le chef-d'oeuvre de Matsuno. Bien que nous ayons pu espérer longtemps une réédition en forme de remake, le jeu s'avère identique à l'origine dans ses grandes lignes, privé qui plus est des petits ajouts de la version PSP (War of the Lions). Toutefois, même si nous pouvions attendre d'une telle merveille qu'elle soit sublimée, quelques mises à jour augmentent considérablement le confort de jeu : non seulement l'ensemble a été adapté aux écrans modernes, mais l'interface de jeu a été très légèrement clarifiée afin que le joueur puisse plus intuitivement bénéficier des informations utiles à sa stratégie. Par ailleurs, le choix du niveau de difficulté est appréciable, permettant aux joueurs plus... pressés de se concentrer sur le scénario. On note enfin l'ajout d'un mode "chroniques", permettant de faire en permanence le point sur une intrigue complexe et sur les différents personnages (qui ont, une nouvelle fois, changé de noms) - chroniques dans lesquelles il est possible de visionner les scènes animées propres à la version PSP.
J'oubliais... le jeu a été intégralement traduit, doublé, et enrichi par une multitude de dialogues intervenant durant les affrontements, prononcés par tout un tas de personnages centraux. Quelle belle idée ! Ces répliques apportent un supplément d'âme qui, il est vrai, faisait tout de même un peu défaut dans la froideur d'Ivalice. Et que dire des doublages ! Nous ressentons à présent au plus haut les tourments de Ramza qui frappe définitivement à la porte des plus grands héros de l'histoire du RPG japonais. Final Fantasy Tactics s'enfermait, par la nécessité aussi d'une mise en scène minimaliste, dans une forme de silence sinistre. C'est désormais un univers plein de vie et de sentiments contradictoires que même les habitués prendront grand plaisir à découvrir. Il nous provoquait des sueurs froides et parvient à présent à nous tirer des larmes ! Yasumi, Hitoshi > IvaliceDans la veine d'un Tactics Ogre (dont on ne saurait trop conseiller l'excellente édition moderne Reborn), et comme une annonce à Vagrant Story, à FFXII, voire à un méconnu Stella Deus, Final Fantasy Tactics peint un univers sombre dans ses rouages mais coloré dans son esthétique, et en particulier dans sa bande-son, que l'on doit au duo Sakimoto/Iwata. C'est cette ambiance si particulière, puisqu'elle joue perpétuellement sur le contraste entre la réalité pesante de l'intrigue et l'atmosphère tout à la fois épique, déchirante, parfois guillerette, d'Ivalice que l'on retrouve avec grand plaisir dans cette nouvelle édition. Ceci n'a évidemment pas pris une ride et nous nous permettrons ici de lancer une bouteille à la mer : la bande originale de Final Fantasy Tactics est-elle la meilleure de l'histoire ?
C'est bien sûr sans importance mais il est certain que... c'est la meilleure possible pour ce jeu et qu'elle vaut à elle seule qu'on le parcoure (dans l'hypothèse sacrilège où cela n'aurait pas encore été fait). Du Tactical pour Final FantasistesLe responsable du système de combat, Hiroyuki Itô a un jour expliqué qu'il n'aimait pas beaucoup les tacticals pour leur côté statique et lent. On trouve là sans doute une explication touchant au rythme particulièrement endiablé (pour le genre, cela s'entend) des batailles : cinq personnages y participent, les déplacements sont rapides et les maps sont relativement petites. Il est assez rare qu'aucun coup ne soit échangé durant le premier tour. Cela a pu largement déstabiliser les amateurs du genre (et on les comprend). En revanche, cela fait de Final Fantasy Tactics un soft assez hybride, et une porte d'entrée parfaite vers ce type de niche. Nous avons davantage en face de nous un... T-FF qu'un véritable Tactical, lequel supposerait des équipes monumentales et des stratégies à grande échelle. Tout cela s'avère fort plaisant... mais, dans le même temps, cela annihile largement la dimension stratégique : le combat repose moins sur des relations de soutien entre les unités que sur la puissance individuelle des unités. À tel point qu'une série de classes (un indice : "épée") vient clairement éclipser toutes les autres. La rapidité et l'efficacité se font un peu au détriment de la profondeur de jeu - en tout cas pendant les batailles.
Au contraire, la gestion de l'équipe atteint une variété presque inégalée.
Reprenant le système de jobs forgé au fil des premiers épisodes de la série principale, FFT propose une customisation du personnage qui frise la provocation (job principal, job secondaire, capacités de défense, de contre-attaque, de stat) et permet de transformer n'importe quel personnage en arc-en-ciel de skills. Ceci cadre parfaitement avec une philosophie de jeu insistant davantage sur la valeur individuelle des unités que sur leurs inter-relations : les combattants, en quelque sorte, doivent se suffire à eux-mêmes... et non former une équipe organique dont les liens subtils permettent d'assurer la victoire (je grossis le trait, il est vrai). On notera ici, à nouveau, qu'une classe vient cependant écraser toutes les autres, au moins au point de vue offensif, et que cela vient encore amoindrir la dimension stratégique de ce proto-tactical. Était-il possible d'offrir à la pierre fondatrice d'Ivalice une meilleure réédition ? Sous forme de remake : sans aucun doute. Si le parti pris a été de proposer l'oeuvre originale sous sa meilleure version, quoiqu'il soit possible de critiquer l'absence de deux ou trois ajouts de War of the Lions, il faut cependant saluer la justesse des améliorations : niveaux de dificulté, interface plus efficace, doublages parfaits, dialogues ajoutés... Oui, les plus jeunes ne seront pas trompés sur la marchandise telle qu'elle était, et ceux qui auraient laissé reposer leur expérience depuis des lustres seront à nouveau subjugués par cette oeuvre hors norme. On se met à espérer que le retour discret de M. Matsuno annonce un nouveau souffle créateur dans l'âme du bonhomme, tant il a su nous ravir pendant vingt ans.
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