|
►
Compendium
►
Galeries
►
Médias
►
Le Site |
Final Fantasy Pixel Remaster
> Articles > Review
Final Fantasy Pixel RemasterUn Pont vers l'éternité
On ne présente plus vraiment Final Fantasy - sauf à vouloir s'octroyer les honneurs du courtisan - et nous disposons déjà de nombreuses versions permettant de découvrir confortablement le premier opus de la série. Il n'empêche que l'édition Pixel Remaster fait germer la tentation d'y retourner, une nouvelle fois, mais donne aussi l'occasion aux nouveaux venus de se plonger pour la première fois dans une épopée fondatrice pour le genre. Les gens de Square Enix ont-ils eu la magnanimité de nous fournir une version au moins aussi bonne que celles qui circulent déjà ? C'est ce que nous allons voir, armés de notre courage et de notre inébranlable volonté de sauver ce monde. Différences et répétitionsLe premier épisode de Final Fantasy (chapeauté par le devenu légendaire Sakaguchi Hironobu) est sorti au Japon en décembre 1987 et, outre les versions peu officielles circulant dès les 1990 sur internet, il aura fallu à l'Europe attendre les premières lueurs du nouveau millénaire, via une compilation réunissant les deux premiers opus (Final Fantasy Origins), éditée sur PS1, pour pouvoir parcourir cette aventure. Cette version, graphiquement réhaussée (mais afffublée d'affreuses bandes noires) proposait encore un défi de taille, fait de grinding et de fessées, que les versions ultérieures sur GBA (Dawn of Souls) et PSP ont encore retouché. La version Pixel Remaster se situe au carrefour de ces deux jalons, proposant une difficulté humaine voire enfantine, tout en conservant le système original de MP, et en proposant bien sûr, les désormais habituelles options d'accessibilité. Ces dernières proposent de supprimer les combats aléatoires mais aussi de moduler les gains d'XP ou de Gils. Les OriginesLes fondations du monument proposent au joueur d'incarner quatre guerriers anonymes auxquels il faut en premier lieu confier un nom et un job (judicieusement) dont ils ne changeront pas, mais qu'ils pourront faire évoluer une fois en rencontrant un célèbre dragon, tard dans l'épopée. Lancés sur la carte du monde, nous comprenons aisément que jouer supposera plusieurs types de séquences : explorer, discuter (éventuellement pour commercer), fureter dans les menus pour bichonner notre équpe, et, bien sûr, combattre les forces du mal en empilant patiemment les tours. Ce premier épisode développe un synopsis relativement simple, excuse à la découverte, mais aussi à la grande bagarre : il pose les fondations ludiques sur lesquelles s'édifieront les neuf épisodes suivants (FFXI et FFXII, pour des raisons qui leur sont propres, apparaissant plus en décalage avec cet héritage), mais aussi le numéro XIII. Ce voyage initiatique pose également les jalons tout à la fois esthétiques et symboliques qui serviront régulièrement de cadre par la suite. Quatre héros affiliés à une classe partent à la rescousse d'un monde au sein duquel magie et outillages variés font bon ménage, et au coeur duquel quatre cristaux élémentaires incarnent la puissance protectrice et génératrice de la nature, menacée. Comme de mesure, une force terrifiante, parfait opposé de nos quatre guerriers vertueux, veut dominer un Monde appelé dès lors à sombrer dans les Ténèbres. Alors, il faudra accumuler de l'expérience, gagner la confiance des gens de bien et de science, afin d'acquérir et de maîtriser les techniques nécessaires à la défaite des sbires, d'abord, de Chaos en personne, ensuite. Il est heureux que ce long périple suppose de visiter des contrées exotiques (un palais sous-marin, mais aussi un désert ardent), de rencontrer des peuples étonnants (des nains, des dragons, une sorcière et même quelques humains), ou d'emprunter des véhicules décoiffants (un canoë, un navire et quelques engins défiants la gravité). Attention, cependant, à ne pas mourir dans une grotte, ou de griller dans la cheminée d'un volcan ! Le plaisir du MuséeDe façon bienvenue, les aménagements proposés par cette version Pixel Remaster permettent de se plonger dans la relique, débarrassée des épines inhérentes aux très vieilles ruines, illisibles parce que poussiéreuses et griffonnées dans de très anciens alphabets. Le choix graphique rend hommage à l'esthétique proto-historique, tout en jouant de la palette des couleurs afin de sublimer... la fantaisie ! De la même manière, le choix donné au joueur d'écouter les musiques d'époque (que ma dulcinée a absolument voulu garder "parce que ça va mieux avec les pixels") ou de dynamiques reprises (que j'activais en cachette "parce que moi j'ai grandi avec et je suis très content que ce soit différent, maintenant") est digne d'être salué. On ne peut qu'honorer également la présence des options d'accessibilité, lesquelles permettent de moduler l'importance accordée aux combats, et par conséquent d'équilibrer cette épopée dont la densité (narrative, littéraire, esthétique, sentimentale) demeure somme toute relative. Il semble en effet pertinent de consacrer une quinzaine d'heures à ce sympathique Final Fantasy... mais un peu moins d'en passer quinze à combattre, seulement. Cet équilibre, absent jusqu'aux versions GBA, permet en réalité d'apprécier ce pionnier à sa juste valeur, de remettre sur le devant de la scène ce que la série a poursuivi sans cesse : le voyage, la découverte, le dépaysement. On oscillera probablement entre temps de grinding afin de piler les échippes en tout genre dans la bourgade voisine, et explorations intenses d'un recoin malconnu de la map, ou des tréfonds d'une caverne à la faune résolument peu charitable. Je me permettrai toutefois de signaler que, sous l'angle du confort, Bravely Default plaçait encore plus haut le curseur, permettant de déterminer la fréquence des combats, et non seulement de supprimer les rencontres aléatoires. Final Fantasy Pixel Remaster propose probablement la version la plus pertinente d'un totem appelé, dans sa version originale, à rester tel une momie derrière sa paroi de verre, vénéré mais cependant inacessible aux RPGistes en culottes courtes. Disponible facilement sur une multitude de supports (et intégrée à l'indispensable compilation), elle est l'occasion de partir sauver le Monde, soit pour la première fois, soit une fois de plus. Les Ténèbres ne demandant qu'à être vaincues par des coeurs lumineux, on aurait bien tort de se priver !
Final Fantasy Pixel Remaster
> Commentaires :
Final Fantasy Pixel Remaster
1 commentaire
|