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Pier Solar and the Great Architects HD
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Pier Solar and the Great Architects HD![]() Obscure Aurore
Bien avant l'advenue de la mode des "indépendants" surgit de nulle part - ou plutôt de partout, si l'on en croit la diversité des nationalités au générique - Pier Solar. Celui-ci, inspiré des J-RPG de la génération 16-bits fut d'abord édité par WaterMelon sur MegaDrive. Il fut ensuite adapté en HD pour les consoles modernes dont... la Dreamcast, version dont il sera ici question. Par-delà le tour de force et de magie, ce jeu peut-il vraiment happer le joueur qui se souciera surtout de l'expérience, et non pas d'un quelconque contexte ? En effet, Pier Solar demeure un grand succès d'estime, mais aussi l'objet de nombreux fantasmes tant les joueurs à l'avoir bouclé sont rares. Archéologie, fines herbes et destruction du mondeHoston est un jeune garçon vivant à Reja, dont le père est tombé gravement malade. N'écoutant que son courage et bénéficiant de l'aide des ses amis d'enfance Alina (dont le paternel s'avère beaucoup moins sympathique) et Edessot (ingénieur de génie avant même d'avoir abandonné sa sucette), il part dans la forêt voisine afin de rechercher les herbes curatives idoines. Tout cela, on s'en doute, dans le dos de sa mère, particulièrement aimante. L'affaire tourne mal puisque les jeunes aventuriers finissent par découvrir les ruines d'une ancienne civilisation - les connaissances en langues anciennes n'étant pas inutiles, le cas échéant.
Bien. Pier Solar s'évertue à cocher toutes les cases scénaristiques et la suite n'ira pas dans un autre sens : au fil de pays particulièrement variés et le long de conversations tout aussi bavardes que pittoresques, les aventuriers vont parcourir le monde sous divers prétextes pour finalement comprendre qu'il leur faut le sauver. Ces pérégrinations seront l'occasion de faire grimper jusqu'à cinq membres la taille du groupe, de voyager de continent en continent, de passer d'une dimension à l'autre, et bien sûr de résoudre tous les mystères perdus liés aux Architectes, et même de découvrir ce qui se cache derrière le nom énigmatique de "Pier Solar". Avec une telle combinaison, les habitués seront dépaysés par les décors, par les textes, mais sûrement pas par le scénario qui se contente de ménager du suspense et de faire découvrir un vaste monde. Les explications touchant aux motivations des uns et des autres peuvent se révéler inexistantes ou alambiquées, mais Pier Solar a le mérite d'offrir son lot de scènes touchantes, le tout régulièrement décoré par des artworks du plus bel effet. Pugilats LunairesL'enveloppe générale du jeu rappelle, en particulier, les épisodes de la série Lunar - ce qui étonne peu pour un RPG destiné avant tout aux consoles SEGA. Toutefois, dans le feeling, les choses s'avèrent assez différentes : la comparaison est possible dans l'exploration (malgré une quasi-disparition de la carte du monde dans la seconde partie), et dans l'emballage des combats. En pratique, ces derniers sont tout aussi banals qu'originaux. Le joueur, en plus de pouvoir faire appel à l'IA pour gérer ses actions, entre toutes les commandes en début de tour : en plus des habituelles "Attaque", "Magie", "Défense" et "Inventaire" (oui, il a existé un temps où les objets faisaient partie intégrante des combats), chaque personnage peut charger son Ki (sur une échelle de 0 à 5) - celui-ci se révélant nécessaire, en plus de la dépense en MP, pour effectuer certaines attaques. Notez par ailleurs que ce Ki peut être transféré à un autre personnage ou, à l'inverse, absorbé chez un coéquipier afin de lancer la grosse artillerie.
Les combats ne sont pas merveilleux, d'autant plus qu'ils sont assez longs, que les adversaires ont tendance à attaquer vite et fort, mais aussi parce que le bestiaire est étonnamment réduit. Néanmoins, cette version HD permet, par ses options de confort, d'en moduler la fréquence, ce qui permet de faire de belles séances de grinding tout en se ménageant des temps d'exploration. Touchant aux boss (qui sont souvent de gros insectes), on conseillera de bétonner sa défense avant de se lancer à l'attaque pour les terrasser, eux qui restent le plus souvent... accessibles ! Alternance de jour et de nuit : la question brûlante du rythmeEn jouant à Pier Solar, et plus encore parce que l'on peut jouer sur la fréquence des combats, le joueur s'interrogera presque inévitablement sur la question du rythme dans le RPG, cette notion invisible qui conditionne tout le plaisir de jeu, et que quelques chefs-d'oeuvre ont affinée jusqu'à la perfection (je pense, sur ce point, à de mastodontes comme Final Fantasy VII ou Chrono Trigger - le Square de la grande époque ayant en réalité plié le game sur ce point). Dans sa version classique (sans toucher à la fréquence de combats), Pier Solar est cruel : l'exploration des villages est souvent vaste, calme et prenante. En revanche, les zones hostiles tournent à la purge : la fréquence et la durée des combats ne permettent pas de se concentrer sur un level design exigeant (pour ne pas dire punitif quand il faut éviter de glisser ou trouver des plates-formes cachées). Par ailleurs, si les niveaux montent raisonnablement vite, le gain (HP et MP) ne permet pas de contrebalancer le poids de l'équipement (on se console alors en accumulant de l'argent). On ne saurait donc trop conseiller de dégager de vrais moments de recherche et de se concentrer, quand il le faut, sur les combats. Toutefois, on ne touche guère la solution parfaite, tant quelques combats de temps à autres peuvent venir ajouter un zeste de tension ou de punch à l'exploration, sur laquelle plane toujours l'ombre menaçante d'une forme de monotonie.
Arrêtons-nous, un instant, sur ce level design, indigeste quand les combats sont trop nombreux, intéressant, riche,
élitiste dans le cas contraire. Les environnements rappellent les meilleurs moments d'un vieux Phantasy Star et présentent toujours moult secrets. Il est vrai que quelques passages (se comptant sur les doigts d'une main) rendent l'usage d'une solution (ou de calmants) quasi obligatoires, mais, dans l'ensemble, on progresse régulièrement, tout en éprouvant un vrai plaisir de découverte et une vraie satisfaction lorsque le verrou d'une énigme finit par sauter. C'est, pour peu que le joueur reste humble et consente à brancher tout à la fois son cerveau et sa patience, un grand point fort du jeu, bien servi par une ambiance graphique et musicale de belle qualité. Pour ne pas sombrer dans la folieOn se permettra ici quelques directions pour les joueurs qui auraient le bon goût de se lancer dans Pier Solar et qui voudrait en éviter les écueils :
- Préférez largement la version HD.
- Prenez le temps de parcourir longuement les villages pour vous imprégner de leur ambiance.
- N'hésitez à réduire voire à couper les combats pendant l'exploration, qu'il faut mener minutieusement.
- Faites quelques séances de levelling pour pouvoir être toujours très bien équipé.
- Étudiez bien les éléments des boss qui peuvent être battus en s'équipant des défenses correspondantes. - Gardez une solution à proximité, du fait de quelques bizarreries. Fleurant bon l'hymne à la joie avec son casting bariolé, Pier Solar est d'abord très séduisant puis, tout aussi rapidement, frustrant. Il convient d'utiliser judicieusement les options de confort pour le rendre parfaitement jouable et lui permettre ainsi de révéler sa substantifique moelle, laquelle se situe principalement dans une ambiance très réussie, par ses textes, par ses pays et par ses musiques. En plus d'applaudir à la prestation de cette équipe courageuse, le joueur parcourra alors un jeu souvent palpitant et sûrement pas moins bon que les mastodontes de l'époque de laquelle il se réclame.
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