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Cinéma is healing
Par cKei, le 01/06/2021 à 23h34 (141 vues)
Catégorie : Animation/manga
Je n'ai jamais été un gros cinéphile, du moins pas à fréquenter les salles obscures, mais je me suis appliqué ces dernières années à rattraper ce trou culturel avec plaisir et mine de rien, avec la fermeture des cinémas en temps de covid force est de constater que ça me manquait. Mon dernier film en date étant LupinIII, ça remonte à octobre 2020 (j'ai conscience que pour d'autres ça remonte à plus loin, j'ai donc de la chance).

Avec la réouverture en mai 2021, deux films d'animation me tendaient les bras. J'ai profité de mes horaires relativement flexibles en ce moment pour me rendre aux séances de milieu d'après midi, peu fréquentées en semaine et donc beaucoup plus safe "sanitairement parlant" et aller voir deux adaptations de licences à succès, qui incidemment parlent toutes deux de train.

Demon Slayer - Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'infini

Aka "Les Petits Rôdeurs de la SNCF"
Par contre je l'ai vu en VO, quand même.

Ceux qui me connaissent bien le savent, je ne suis pas un fan absolu de Demon Slayer. Non que je trouve ce manga mauvais, au contraire, mais mon avis est que malgré ses indéniables qualités son récent succès vient plus d'une conjonction de facteurs positifs que de ses qualités intrinsèques. C'est à dire qu'il bénéficie d'un excellent bouche à oreille déclenché par son adaptation animée (note : le manga lui même a vivoté pendant 3 ans avant de connaitre des ventes record à la fin de la première saison de l'anime), mais également d'un manque de rival (les grosses séries ne sont plus légion, et One Piece est un peu trop long pour qu'un·e jeune lecteur·ice ne le prenne en cours).

Kimetsu no Yaiba c'est un canevas presque scolaire du shonen, avec un jeune héros au cœur pur recevant un pouvoir qui lui permettra de se dépasser et d'arriver à son but ultime, rencontrant des personnages hauts en couleurs dont il se fera des amis indéfectibles. Nekketsu oblige, le héros n'est pas immédiatement le plus fort mais réussira généralement à s'enflammer pour se défaire d’adversaires initialement trop costauds pour lui. La basicité de sa forme va même plus loin : une fois son entrainement au point, on découvrira que l'organisation des "gentils" est chapeautée par neufs "Piliers" qui s'opposent aux douze "Lunes" de l'organisation des "méchants". Évidemment au fil des arcs du manga, notre héros et ses acolytes affronteront leurs ennemis souvent en un contre un, et devront d'en dépêtrer pour en sortir grandis tous autant qu'ils sont. C'est simple, c'est un "truc" éditorial qui est employé depuis les années 80 minimum, énormément de shonens y ont recours et ça marche. Le souci à mon sens c'est que là où d'autres séries ont un peu plus à faire valoir, dans la mécanique par exemple (Hunter x Hunter), KnY ne parvient pas à tirer son épingle du jeu et restera - pour moi, toujours - dans le ventre mou de ce type de récit aux côtés de séries similaires telles que Flame of Recca, ou encore Shaman King et Yuyu Hakusho pour parler de poids-lourds du style. C'est bien, mais pas top.

Il y a clairement quelque chose d'irrationnel dans les chiffres de vente délirants, et pourtant si les lecteurs aiment tant mieux pour eux : après tout on aurait pu dire peu ou proue la même chose des imperfections de DragonBall, je n'en aurais pas moins été impacté dans ma prime jeunesse. Et je suis bien obligé de reconnaitre que Demon Slayer a quelques bons côtés pour rehausser l'intérêt. D'abord, j'avais parlé de son héros pur, mais il n'est pas pour autant naïf : le ton est donné très tôt puisqu'il trouvera sa famille tout juste décimée et sa seule sœur restante transformée en démone homme-nivore (même si elle deviendra vite à la fois plot-device et comic relief). Contrairement à pas mal des séries citées plus haut, celle-ci a donc une part sombre assumée, avec de nombreuses victimes collatérales, histoires horribles et passages assez gores finalement. A côté de ça les compagnons de Tanjiro sont tellement tarés et décalés qu'ils en deviennent attachants. Enfin un élément de l’œuvre se détache au travers des techniques spéciales stylisées que les protagonistes font sortir de leurs épées ; on le voit notamment avec les vagues d'eau crées par les techniques fétiches de Tanjiro, dans un style proche de la Vague de Kanagawa du maitre Hokusai.

Seulement dans ce dernier cas, il faut reconnaitre que le manga (que j'avais lu aux deux tiers en *ahem*scans*ahem* avant de racheter les 5-6 premier volumes VF et de laisser tomber par ennui) n'est pas le support permettant d'en profiter au mieux. Le dessin est d'assez pauvre qualité en particulier sur les premiers tomes et même si ça s'améliore, les effets élémentaires ne ressortent pas tant en noir et blanc. A l'inverse ce que j'ai vu de l'anime semble bien plus fin, d'une qualité d'animation folle et de couleurs vives. Ce n'est donc pas étonnant que la série ait décollé par l'anime plus que par le livre, et l'une des raisons que je sois passé à côté. Pour autant j'en garde un souvenir doux-amer, rehaussé par la hype actuelle dont je me sens exclu. Et c'est à la faveur d'une discussion avec une amie chère (laquelle écrivait justement un article voué à motiver les futurs nouveaux spectateurs) que je me suis décidé à redonner sa chance à la série.

Si je fais cette trop longue mise en contexte, c'est que je n'ai pas grand chose à dire du film lui-même qui reprend très exactement ces bons et mauvais points, et pour cause : le film en question n'est que le prolongement de l'anime, dont il se pose comme une "intersaison" permettant de sublimer un moment particulièrement fort de l’œuvre, à la fois plastiquement et émotionnellement. Le film n'est d'ailleurs pas hyper hospitalier car si vous n'avez pas vu l'anime ou si comme moi votre lecture du manga date de plusieurs années, vous n'aurez pas vraiment droit à un rappel de l'intrigue ou des personnages et de leurs capacités. Débrouillez-vous, on est là pour que ça défouraille !

Direction l'in medias res ferroviaire. Notre troupe de héros, au complet - la tête de classe, sa sœur portée en bandoulière, son side-kick porcin et le pleutre de service - montent à bord d'un train où ils doivent retrouver un des Piliers, celui de la Flamme, pour mener l'enquête sur une série de meurtres sordides. Ils vont vite s’apercevoir qu'en fait de lieu des crimes, le train est peut-être en fait le criminel. L'occasion d'un combat-concept où les personnages combattent leur environnement rapproché tout en protégeant les passagers innocents. C'est également un moment propice à l'introspection, motrice des héros shonen, au cours de laquelle nous apprendrons à connaitre le fameux Pilier Kyōjurō Rengoku. Bien que l'ennemi soit d'un gout douteux, le combat en met plein la rétine. Les attaques de Tanjiro sont de toute beauté, celles de flammes et d'éclairs en jettent bien aussi, et Inosuke fait comme d'habitude un jubilatoire n'importe quoi. Nezuko (le plus beau des bébés, tmtc) a son moment de gloire et ses mimiques tordantes, le quota est respecté. Et pour ne rien gâcher les musiques - composées par Yuki Kajiura et Go Shiina, pas des perdreaux de l'année - tabassent, bien qu'un peu fortes à mon gout (cinéma oblige).

Si cette première bataille met les jeunes à l'honneur, la seconde moitié du film les verra surtout comprendre où sont leurs limites. Tout aussi épique mais plus fermé, le second combat est un moment charnière pour le manga. En dire plus serait du spoil, je vais donc rapidement conclure en disant que la forme du film m'a marqué plus que le fond puisque j'avais déjà lu ce passage (les implications émotionnelles étaient donc moins fortes pour moi que pour un ou une spectateur·ice exclusif·ve, qui attend la suite avec d'autant plus d'impatience) et passer à ma seconde critique.



Detective Conan: Scarlet Bullet


A l'inverse de Demon Slayer, j'adore Conan de longue date. Je suis à jour des quatrevingtdixhuit volumes en VF actuellement, et si là encore le canevas est bien rodé, il l'est dans une forme spécifique à cette série complètement singulière à l'échelle du média manga. Si je dois faire une mise en contexte ici aussi, je serai plus court en disant qu'en 2021 je me tamponne un peu d'avoir lu à peu près les mêmes enquêtes dix fois chacune, je me suis fait une raison qu'on ne verra jamais le point final du complot des hommes en noir® (méfiez-vous des imitations) de notre vivant ou de celui de l'auteur, et je me contente des 3-4 volumes annuels pour voir évoluer lentement les relations entre nos persos, qui reviennent toujours au statu quo initial. Et éventuellement les nouvelles têtes qui s'y rajoutent et qui me perdent un peu plus car Gosho Aoyama ne sait faire que quatre visages féminins.

Question version animée en revanche je suis vierge de tout, je n'ai vu ni l'anime ni aucun des films annualisés. J'étais donc moins hypé que curieux de voir ce que peut donner la série sur grand écran, et assez surpris par ailleurs que Conan (et Shinichi, donc) ait une voix aussi masculine en sachant qu'il est doublé par une seiyuu. Chose à laquelle on se fait finalement, et qui est plutôt pratique quand le personnage doit adoucir sa voix devant des inconnus. Bref, reprenons.

Contrairement à Demon Slayer, ce Conan a choisi de résumer brièvement l'intrigue et présenter les personnages importants as of la date de sortie du film, ce qui n'est finalement pas de trop tant les groupes et les identités secrètes se multiplient. Ne pas savoir qui est Subaru, c'est ne pas comprendre pourquoi il trouve Sera sur son chemin ou pourquoi celle-ci - qui joue un rôle actif dans cette intrigue - regarde Conan avec suspicion. Par ailleurs, je n'ai pas creusé le sujet mais je dirais que le film, sorti en avril 2021 en VO, s'insère dans une timeline légèrement plus avancée que la parution française (d'un ou deux volumes max). Je base ça sur un ou deux persos qui savent "qui est l'autre", mais je peux me planter, j'avoue m'y perdre un peu en ce moment.

Ce lecteur avisé a raison

En dehors de l'univers Conan, Scarlet Bullet se montre à la fois très actuel et presque anachronique. L'intrigue du film tourne en effet autour des "Jeux Sportif Mondiaux" de Tokyo, ersatz des J.O 2020(-téun) dont la cérémonie d'ouverture sera l'occasion d'inaugurer un train dernier cri, dans lequel nos héros souhaitent monter grâce aux relations de leur copine riche Sonoko. Toute ressemblance avec des évènements existants serait purement fortuite, en effet dans la réalité les fameux Maglev peuvent atteindre 600km/h là où le "scarlet bullet" croise la lévitation magnétique avec une sorte d'Hyperloop© muskienne qui lui permet d'atteindre les MILLEKILOMèTRESHEURE. Woah, calm down. J'en reparlerai plus tard dans les spoilers finaux mais le film prend quelques libertés avec la vraisemblance technologique.

De son côté, l'enquête du jour sera beaucoup plus terre à terre à l'image des habitudes du manga. Quinze ans plus tôt une série d'enlèvements avaient terni les Jeux sur le sol américain, et s'était soldée par un meurtre. Lorsque le père de Sonoko, sponsor des JSM, est enlevé, le spectre de la machination d'antan refait surface et laisse craindre à tous une issue tragique. Conan et Ai suivis par Ran s'incrustent auprès de Kogoro l'endormi, qui a été chargé de mener l'enquête et protéger les cibles évidentes. L'évidence est aussi de mise du côté des suspect·e·s. C'est une force du film, là où le manga se laisse souvent aller à planquer des indices au lecteur ou les rendre imbitables par un non-japonais, ici la plupart sont repérables dans les dialogues* ou le visuel en étant observateurs. Quoique les spectateurs plus jeunes pourront tout aussi bien se contenter de suivre l'action débridée et les rebondissements, le film n'en manque pas.

* De façon assez cocasse certains dialogues sont en anglais, personnages américains obligent, mais rédigés et prononcés par des japonais ; ça donne à certains endroits des contresens (on parle d'une affaire d'il y a 50 ans et non 15 ans) ou erreurs de conjugaisons (un des personnage dit qu'il a "drinked" une boisson). Ok on s'en fout mais ça m'a fait marrer.

Sans mauvais jeu de mot une fois lancé le film file à mille à l'heure (ok c'était calculé) au travers deux course-poursuites successives, les équipes de personnages discutant à distance grâce aux gadgets et téléphones. J'ai relevé pas mal de clins-d'oeil (à Ace Atorney par exemple) et détails intéressants durant ces deux heures effrénées, et quelques caméos un peu cheap aussi (l'inspecteur Shiratori qui se pointe à la fin sans être intervenu une seule fois dans l'intrigue par ex). Sans être ultra inventive l'animation restitue bien les sensations de vitesse et chocs, et use d'une 3D plutôt convaincante.

Il en va de même pour la musique, dans le ton

J'ai donc passé un excellent moment dans cette découverte du Conan animé... jusqu'aux vingt dernières minutes, mettons (c'est en réalité un peu plus diffus), où le film décide de mettre de côté toute logique physique, réaliste, au profit de l'action débridée et du spectaculaire. Pour expliquer à quel point, je me vois obligé de spoiler sous un rideau approprié, à vos risques et périls. Sinon allez un peu plus bas.

Dans le dernier tiers du film, Conan et Sera sont enfermés dans le train emballé qui fonce sans freins vers le stade olympique, et tenus en joue par le criminel démasqué. C'est alors que celui-ci reçoit une balle dans l'épaule droite, évidemment non mortelle, qui permet à nos héros de reprendre le dessus. Cette balle avait été tirée à l'aveugle et face à la voie ferrée par Akai, aka "le meilleur sniper du fbi", plusieurs dizaines de minutes auparavant en comptant sur le fait que le criminel serait pile sur la trajectoire voulue à un moment précis, et que la balle n'ait pas été déviée (au hasard, par le tunnel à vide et les portes ainsi que le fuselage du train même). Un peu gros n'est-il pas ?

Plus tard, alors que le train fou ne peut plus être stoppé, le scénariste nous demande de croire qu'un ballon gonflable (capable de défoncer l'habitacle de la cabine de pilotage) et un drapeau-parachute sont capables de freiner efficacement cette fusée sans qu'elle ne déraille (les wagons en ont pourtant furieusement envie), et que la collision finalement inévitable qui voit le train projeté à des dizaines de mètres dans les airs pour retomber nez le premier dans le stade vide va à peine égratigner ses occupants du moment que ceux-ci ont mis leur ceinture. Sérieux les gars...


"Étrangement prophétique", disait Benjamin Benoit. Et vu le symbole ce n'est peut-être pas faux, wait and see.

Alors d'accord, le film nous tente une petite explication rationnelle qui pourrait tenir si nous étions dans une univers où la magie a cours. Faute de quoi ça n'a aucun sens. Plus généralement, je veux bien croire à plein de choses, mettre de côté mon cartésianisme, et comprendre la logique des producteurs de ce type d’œuvres, mais quand ça contredit à ce point les lois de la physique c'est un peu trop.

Ceci étant dit, je rappelle que j'ai passé une bonne séance ciné devant ce Conan, qui aurait été parfaite si j'avais su débrancher mon cerveau pour juste kiffer la vibe de ce final excessif. En tout cas ça m'a bien reboosté, j'ai hâte de voir les prochaines sorties japanime.

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