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[Review] Hellblade: Senua's Sacrifice
Par Ragna, le 23/02/2019 à 02h18 (139 vues)
Catégorie : Jeux vidéo


Bouche bée. C'est ainsi que j'ai été devant ce petit chef d'oeuvre signé Ninja Theory (responsable de Heavenly Sword et du reboot de Devil May Cry). Mais ici, on change radicalement d'univers et de cadre en mettant le cap sur un monde dérangeant et fascinant à la fois, où les hallucinations et les délires paranoïaques agissent de concert pour plonger le joueur dans une folie psychotique en se mettant dans la peau de Senua, guerrière valeureuse en quête de réponses, venue pour retrouver son bien-aimé captif des nordiques. La mythologie nordique est donc au coeur de ce monde désolé, tourmenté, froid et impitoyable. Il est difficile de parler du développement de l'histoire sans spoiler, mais disons qu'elle est en phase avec le principe du jeu, à savoir les hallucinations constantes de l'héroïne, et c'est superbement mis en scène. La direction artistique ajoutant un cachet fable est à la hauteur des graphismes, qui sont très beaux sans pour autant en être dernier cri.




Mais le plus gros travail graphique a été opéré sur le chara-design époustouflant de Senua, en particulier ses expressions faciales attestant d'un réalisme saisissant, et ses yeux si captivants d'un bleu céruléen à se noyer dedans. N'oublions pas qu'il s'agit d'un jeu indé, et qui pourtant prend des allures de AAA. C'est sombre, poignant, fascinant, happant, et surtout... psychologique. Senua entend constamment des voix dans sa tête, des murmures, des sifflements au cours de sa descente aux enfers. Cet état de fait accentue significativement le sentiment de sombrer petit à petit dans la folie. C'est pour cette raison que je ne recommanderais pas ce jeu à tout le monde. Ça peut choquer, de par son univers dérangeant et flippant. Mais c'est incroyablement bien mis en scène, éloquent et bouleversant. L'intrigue se dévoile peu à peu, gardant un rythme assez soutenu tout au long de l'épopée, par les événements et les épreuves que doit endurer notre amazone aguerrie.





Si le récit s'étoffe brillamment grâce à ce système de jeu poussant la psychose jusque dans ses derniers retranchements, il le fait également au travers de stèles runiques qui narrent des bribes d'histoire à la suite (ce sont en quelques sortes les collectibles du jeu épars dans son univers, qui fonctionnent par la même occasion comme des documents pour étoffer l'histoire déjà assez perturbante et dramatique). C'est plus secondaire que principal, l'histoire pouvant être comprise avec les nombreuses cinématiques, mais cela donne de gros détails tout en apportant des informations sur le lore. J'ai trouvé ces découvertes somme toute intéressantes et instructives. Cela permet de chercher un peu tout en explorant un minimum, certaines stèles étant bien cachées. Le minimum d'exploration se retrouvera principalement ici, car le jeu se veut très linéaire et on le remarque bien assez tôt avec des murs invisibles çà et là. Si quelque part c'est justifié en raison de l'intrigue et de l'ambiance, on a, au final, le sentiment d'avancer dans des couloirs ou quelques embranchements de couloirs avec des fonds de paysages immenses mais au demeurant illusoires. Après avoir progressé un bon bout de chemin, il sera impossible de revenir sur ses pas. C'est une quête du genre "Je dois avancer, je ne peux plus reculer". Les énigmes, les pièges et les ruses font parfois que le retour en arrière soit impossible.




Parlons des énigmes, justement. Senua peut mémoriser des runes gravées sur des portes scellées pour utiliser ces mêmes runes avec des éléments de l'environnement qui doivent correspondre aux formes des caractères scandinaves imprimés dans les yeux de la bretteuse. Un principe qui devient rapidement simple et intuitif, mais foutrement ingénieux. On peut tarder à trouver la solution en trouvant le bon placement et le bon angle de vue pour faire correspondre le glyphe avec l'élément du décor. Les yeux de Senua lui permettent également de rompre certaines illusions ou de construire des ponts pour avancer.

Notre quête de longue haleine est jonchée d'embûches. Le jeu n'est pas spécialement original dans son gameplay, quoi que... si, il y a quelques petites idées bien trouvées tout de même, mais c'est surtout son ambiance particulière et assez proche d'une narration interactive qui le rend si atypique. À noter que la plus grande trouvaille qui met une certaine tension, c'est le fait que si on meurt beaucoup trop de fois, le jeu effacera la progression (automatique soit dit en passant) et on sera bon pour tout recommencer depuis le début. Le jeu nous prévient d'ailleurs et nous le fait bien comprendre, au moment-même où la malédiction prend effet. Dans la pratique, on revient sur le dernier point de contrôle si on subit un échec ou une mort comme si de rien n'était, mais une pourriture noire semblable à de la moisissure sur du fromage va infecter le corps de Senua, pour la simple et bonne raison que cette dernière aura été maudite au début du jeu. Cette pourriture noire grimpe progressivement depuis son poignet droit le tout long du bras, en passant par le cou, jusqu'à atteindre la tête. Si cela arrive, la malédiction se met à exécution... Et là, c'est un vrai Game Over, mais bien amené et en cohérence avec l'histoire et ses enjeux. On a donc un certain seuil à ne pas franchir. Cette idée est vraiment chouette. Personnellement, je n'en suis pas arrivé là, mais la perspective de voir Senua mourir à cause de cette imprécation narrative a de quoi intriguer et il vaut mieux sauvegarder sur le cloud ou sur clé USB, si jamais. J'ai rencontré un peu plus de difficultés dans le chemin à suivre sur certains défis que dans les combats, que je vais bientôt aborder mais qui s'avèrent parfois ardus et risqués avec des pics de difficulté en fonction de la situation en difficulté automatique. Il y a trois niveaux standards de difficulté : Facile, Normale et Difficile. Ainsi que la difficulté automatique qui n'est autre qu'une difficulté adaptative, pouvant s'adapter suivant les situations au cours du périple et selon votre manière de jouer. À titre personnel, j'ai joué en Auto du début à la fin, sans modifier la difficulté ajustable dans les options. Et malgré certains pics de difficulté augmentant sensiblement par moment et lorsqu'on a affaire à des vagues d'ennemis, surtout vers la fin du jeu, j'ai trouvé le tout plutôt bien calibré.




Tout est parfaitement maîtrisé pour rendre cette odyssée suffocante et palpitante. On a toujours envie d'avancer pour en savoir plus sur le destin en Senua à mesure qu'on franchit des obstacles et qu'on subit des hallucinations, pour avoir le fin mot de l'histoire. Et la fin surprend encore plus. Aucune situation n'est prévisible. Tout n'est que découverte de bout en bout. J'ai été subjugué par ce parcours du combattant, transporté et secoué par ce monde malsain et poli tel un diamant brut dans son genre pour refléter sa beauté ténébreuse et troublante.
Les musiques ne sont peut-être pas nombreuses, et pour cause, les développeurs ont tout misé sur les effets sonores, qui sont le sel de l'atmosphère qui se démarque de la plupart des jeux. Un très bon point qui pousse subtilement le joueur à s'impliquer davantage dans l'aventure. À continuer à aller de l'avant en dépit des difficultés rencontrées avec cette atmosphère macabre en quête de rédemption. Il y a bien des musiques d'ambiance, qui corroborent à merveille ce sentiment d'angoisse, de se retrouver piégé dans la tourmente de l'esprit de Senua vacillant dans les ténèbres. Ses ténèbres à elle. Bien sûr, la bande sonore devient plus intense et manifeste à l'heure de croiser le fer avec des guerriers farouches à l'apparence monstrueuse, libérant des notes celtiques, concordant avec des chants guerriers scandinaves nous mettant tout le temps en garde, et parfois aux sonorités plus modernes. Car si le jeu ne possède pas de tutoriel, tout est intuitif. Nul besoin de didacticiel. On apprend sur le tas et sur le terrain, à la dure, et efficacement car tout s'opère avec fluidité et confort tant les commandes répondent parfaitement. C'est purement intuitif. Autant dans la résolution des puzzles que pour les commandes de combat (sachant que Senua se bat à l'épée et n'utilise guère de bouclier) plutôt conventionnelles (attaque légère, attaque lourde, coup de pied déstabilisant, esquive, parade, contre, et charge légère ou lourde en se ruant vers l'ennemi).




Bref, on trouve vite nos repères. Du classique en somme pour les rixes, qui en deviennent un peu redondantes malgré la variété des ennemis et s'éternisant parfois même. On peut avoir d'ailleurs plusieurs types d'ennemis nous encerclant petit à petit, au nombre de de 4 ou même 5. Et là, autant dire que ça se complique sensiblement, surtout si l'affrontement s'éternise vraiment. À noter que certaines rares attaques peuvent être mortelles et que le moindre coup subi quand Senua est à genoux lui sera fatal. Dans le cas où votre personnage est sur les rotules, il faut marteler la touche X pour se relever prestement, même si un indice visuel et coloré le signale sans révéler la touche. On doit constamment rester sur nos gardes car nos assaillants n'hésiteront pas à nous attaquer par derrière ou à nous prendre à revers. C'est simple comme déroulement, et sans être spectaculaire comme le serait un DmC ou un beat'em all de la trempe d'un Bayonetta (pas de saut mais il n'y en aurait aucune utilité, d'autant plus qu'il y a un certain réalisme dans les mouvements), c'est chorégraphique de voir les personnages se mouvoir avec la grâce d'un cygne, en particulier Senua que l'on peut voir toujours hardie et déterminée. Pourtant, il n'y a aucune pitié dans les combats et on ressent très vite la véhémence qu'ils dégagent. Violent mais artistique, auréolé de poésie et surtout captivant. Tel est le constat des rixes, mais ça remplit le cahier des charges puisque ça colle très bien au récit. Toutefois, il y a une subtilité qui intervient en combat pour aider notre guerrière, il s'agit d'un pouvoir psychique appelé Concentration. Grâce à cette habileté, Senua peut engranger de l'énergie lumineuse dessinant des runes (jusqu'à trois) sur un miroir qu'elle porte sur un côté de son ceinturon, ce qui lui permet de ralentir le temps (jusqu'à trois fois en fonction des runes allumées sur le miroir) et de prendre facilement l'ascendant sur ses adversaires qui donnent l'impression de patauger dans la boue, alors que la demoiselle bouge avec grâce comme si le temps suivait son cours normal. Très utile dans le cas où nos assaillants sont nombreux et cherchent à nous cerner, ou encore pour toucher efficacement les ombres que peuvent devenir vos adversaires. Comment remplir cette énergie Focus ? Eh bien soit en bloquant les attaques ennemies au bon moment (la plupart mais toutes les attaques ne sont, vous vous en doutez, pas possibles à parer) pour déséquilibrer l'ennemi, soit en esquivant les coups. Ça ajoute un brin de surnaturel et ça s'incruste très bien dans la thématique de la psychose. Notons par ailleurs que les voix qui parlent intérieurement à Senua la préviendront si un ennemi s'apprête à l'attaquer par derrière. Un petit détail, mais c'est toujours un détail appréciable camouflant un QTE, en quelque sorte, via les commandes.



Au final, j'ai trouvé la durée de vie correcte bien qu'un poil courte, et un peu dommage que le jeu ne soit pas très rejouable (hormis pour les collectibles de stèles narratives). C'est linéaire et on avance précautionneusement. Mais ça reste vraiment une très belle expérience, qui ne ressemble à aucune autre. Le jeu surprend beaucoup en se différenciant de la plupart des jeux. Pour ce qui est des sensations transmises par l'expérience, rien de ce que j'ai ressenti dans Hellblade ne m'a rappelé aucun autre jeu. Surtout au niveau des mécaniques et du principe de la psychose, de la malédiction et du désir de l'héroïne de faire des sacrifices pour une cause purement personnelle, prête à tout laisser tomber par amour, y compris sa vie, son bonheur. Tout cela m'a profondément marqué.
Le jeu dispose de voix anglaises bien travaillées, surtout pour Senua où le travail de la doubleuse lui confère une sacrée détermination et une bravoure sans limite, ainsi que des sous-titres en français bien écrits et sans pratiquement aucune faute d'orthographe. Un dernier mot sur l'actrice Melina Juegens qui a prêté ses traits à Senua et qui lui donne vie de la plus belle façon qui soit, avec des expressions bluffantes de réalisme, tant et si bien qu'on ne peut que s'attacher à son personnage.

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CONCLUSION

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Chapeau bas pour Ninja Theory ! Je conseille ce jeu à tous ceux qui souhaiteraient découvrir une expérience sortant des sentiers battus, surtout au niveau de la narration et de l'ambiance, pour peu évidemment qu'ils ne soient pas sensibles à la peur ou au trouble que peut causer la pychose, assurément la force motrice du soft faisant parfois perdre à l'héroïne tout contact avec la réalité. Autant dire que j'ai été conquis. Très bonne surprise pour un jeu l'indé. Comme quoi, qu'un jeu soit AAA et ou indé, il peut bénéficier d'une aura qui le rend unique. Hellblade fait partie de ces jeux qui vous racontent une histoire tout en vous surprenant grâce à des visions fantastiques d'images subliminales. On vit l'aventure de Senua de façon viscérale, depuis le début où elle quitte sa barque après avoir suivi une rivière en amont et avoir jeté des regards aux crédits inscrits dans les décors, et avancé tout au long jusqu'au dénouement qui conclut cette fable pas comme les autres. Une pépite d'or !




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+ / -

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Les Plus :
+ La psychose omniprésente et allant de pair avec le scénario très bouleversant
+ L'ambiance macabre faisant très descente aux enfers est retranscrite avec brio
+ Un folklore instructif sur la mythologie nordique qui fournit des détails sur l'histoire et le lore
+ Un travail sonore d'excellente facture et donnant toute sa saveur au titre (le casque est chaudement recommandé)
+ Direction artistique de haute volée
+ La performance plus que remarquable de Melina Juergens pour donner vie au personnage torturé de Senua
+ Les énigmes bien placées sur la route et intelligentes avec le principe des runes magiques


Les Moins :
- Un tantinet court
- Système de combat répétitif, et rixes qui peuvent durer un peu trop longtemps
- Un peu trop linéaire, ce qui rend l'exploration limitée

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8,5/10

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