[Review] Steins;Gate, de 5pb./Nitroplus
Par Shadow, le 13/08/2015 à 23h42 (1323 vues)
Catégories : Animation/manga, Jeux vidéo, Preview & Review

Il est 23 heures 42. Nous sommes le 13 août 2015. Déjà 5 ans... je n'oublierai jamais ce jour où ma vie a basculé... Mais je me suis relevé, peu importe les coups que j'allais prendre. Et j'ai avancé, car telle était la volonté de la Steins Gate. El Psy Kongroo.

Note Shadow : Le grand Hououin Kyouma tire sa révérence et m'a accordé l'honneur de partager son goût pour la destruction et la propagation du chaos sur la terre entière. Il me demande de traduire pour les simples mortels qui me liraient sans avoir compris : il souhaite partager avec le monde entier le récit de son aventure spatio-temporelle. Ceci, avec esprit critique et, spoiler alert! Aucune révélation faite n'engendrera le chaos dans vos esprits et vos vies (note Shadow : pas de spoiler dans cet article).

Introduction : Le visual novel est un genre de jeu qui se met à percer sous nos latitudes, les japonais en étant friands depuis plusieurs années. Steins;Gate est un de ces visual novels. Il s'agit d'une sorte de roman interactif, limitant par conséquent son « gameplay » à la pression de quelques touches. Beaucoup ont donc du mal à considérer ce genre de productions comme des jeux vidéo. Mais alors, quel intérêt peut-on y trouver? Car on est bien tenté de penser que si le genre existe, c'est qu'il ne délivre pas au joueur la même expérience qu'un roman écrit sur du papier. Qu'en est-il de Steins;Gate?


Steins;Gate raconte l'histoire de Rintaro Okabe (Okarin), un jeune scientifique fou comme il aime tant s'auto-proclamer. La vie ne fait pour lui que commencer, et son but ultime est d'amener le chaos sur la terre entière. Pour cela, l'homme s'intéresse beaucoup aux dernières recherches sur les voyages dans le temps. De telles ambitions ne passent naturellement pas inaperçues ; du moins c'est ce que pense Okarin. Ainsi il communique régulièrement avec son téléphone, et on comprend qu'il s'imagine être poursuivi par une mystérieuse organisation, cherchant à le réduire au silence. Schizophrène, Okarin? Peut-être bien. En tout cas il a d'étranges relations avec Mayushii, une amie d'enfance qu'il a « prise en otage », nous apprend celle-ci en riant. Mais à quoi tout cela rime-t-il? On ne le comprend pas trop au départ. Et alors qu'il vient d'assister à une conférence sur les voyages temporels, Okarin découvre dans le batiment où il se trouve... un cadavre. Pire que ça : le cadavre d'une fille qu'il a rencontrée quelques heures plus tôt. Mais le plus intriguant reste à venir : alors que le jeune homme envoie un mail à un ami au sujet de cette découverte, il voit la foule autour de lui... disparaître! Et les mystères ne font que commencer...


C'est alors pour Okarin et ses amis le début d'une aventure longue d'un bon mois. Au fil des semaines, le modeste laboratoire du héros va se remplir de nouveaux membres, tous désirant apporter une certaine participation aux ambitions folles d'Okarin. Si le thème des voyages temporels n'a rien de nouveau, c'est ici la façon dont il est traité qui se révèle intéressante. Le personnage principal intrigue tout de suite le joueur, qui ne sait pas trop au départ si Okarin parle réellement avec quelqu'un, ou s'il est complètement fou. Et les évènements traversés amèneront de toute façon à réévaluer notre opinion sur ce protagoniste. Okarin est un grand amateur de science-fiction, et ce depuis ses plus jeunes années. Ses rencontres vont lui permettre de réaliser l'un de ses plus grands rêves, en aboutissant à la création d'une machine temporelle quelque peu... particulière.


Je n'en dévoilerai pas plus sur l'intrigue, et je vais plutôt maintenant parler davantage de son déroulement. Le titre alterne les ambiances, il émet avec sérieux des hypothèses scientifiques, pour enchaîner ensuite sur l'explication de certains modèles communément admis par les scientifiques de notre époque (le jeu se déroule en 2010). Mais il sait aussi proposer des moments plus légers, voire de franche rigolade. Et cela passe par un point essentiel à ce VN : les personnages et le jeu des acteurs. Ce dernier est particulièrement à la hauteur des individus incarnés, pas toujours très fins, pas toujours très sérieux. Mais surtout ces personnages sont, dans l'ensemble, humains. Ils ont leur force intérieure, mais connaissent tous leurs moments de doute et d'impuissance face à certaines situations. Tout cela est exprimé par le texte (les pensées d'Okarin étant très fréquemment formulées), mais se retrouve transcendé par les doublages japonais. On arrive à s'imaginer la joie, la souffrance et l'envie de trouver son chemin, pour chaque personnage. Et les doubleurs ne sont pas les seules personnes à féliciter pour leur prestation, car l'ambiance sonore comprend également les musiques d'ambiance. Celles-ci se doivent d'être adaptées dans un jeu vidéo, encore plus dans un visual novel, où le joueur fatigué de lire les textes à l'écran finirait par se désintéresser si les pistes entendues étaient répétitives. Eh bien de la même manière que les ambiances tournent, la bande sonore se distingue par sa grande variété et ses thèmes mémorables. Je vais prendre un exemple ; le thème qui revient régulièrement à partir de la moitié de l'aventure, lorsqu'une succession d'évènements tragiques se produisent. Par des notes lourdes et insistantes, la mélodie exerce une pression sur le joueur, qui « étouffe » autant que les protagonistes pris dans une spirale infernale. À l'inverse, un autre thème très doux parvient à emporter le joueur dans un état de « rêveur éveillé », lors de séquences plus légères...


Comme tout bon roman interactif, Steins;Gate propose plusieurs résolutions possibles à son intrigue. La fin obtenue, parmi l'une des six existantes, dépend des choix du joueur. Sur un ensemble de 11 chapitres, la fin peut survenir à différents moments, la première arrivant dès le sixième chapitre, au terme d'une vingtaine d'heures. Mais si je précise le nombre de chapitres, c'est pour bien faire comprendre que le jeu a davantage que la première fin obtenue à offrir. Pour tout découvrir on aura besoin de vingt heures supplémentaires. En dehors de la vraie fin, chaque conclusion est associée à un des personnages principaux du jeu, comme pour tout autre VN. Pourtant, et c'est là que Steins;Gate se montre assez destabilisant, on ne va pas obtenir la fin d'un personnage en fonction d'une affinité pour celui-ci, qui aura été déterminée par des réponses données pendant l'aventure. Mais alors, Steins;Gate est un visual novel sans choix, sans interaction? Pas tout à fait. J'ai déjà mentionné le téléphone portable d'Okarin. Celui-ci joue un rôle crucial pour impliquer le joueur dans l'univers de Steins;Gate : il lui permet de consulter ses emails, de recevoir des messages et des appels... et de décider d'y répondre ou non. Voilà donc les décisions, certes parfois bien subtiles, qui permettent au joueur de donner à l'aventure la direction qu'il souhaite prendre. Il est à noter que les objectifs secondaires et les pré-requis pour la vraie fin nécessiteront de suivre un guide. En revanche, cette approche originale donne finalement un véritable rôle d'acteur au joueur, qui finit par s'identifier à Okarin. D'autant plus que l'accès à l'une partie des fins proposées est laissé au libre arbitre du joueur ; un point important qui donne à la première partie une valeur tout à fait différente de celle des parties suivates.


Conclusion : Steins;Gate est assurément un VN disposant d'une narration de très grande qualité. Celle-ci sait utiliser les aspects visuels et sonores du titre, pour les faire entrer en résonance avec les mots. L'expérience dans son ensemble en trouve son impact émotionnel décuplé au fil des heures. Une franche réussite pour le genre.

+ Le téléphone portable, un vrai tremplin pour projeter le joueur dans l'univers de Steins;Gate
+ 6 fins différentes, pour une durée de vie d'environ 40 heures
+ Le character design et l'aspect visuel très agréable, original
+ Les doublages japonais donnent vie aux personnages
+ La psychologie des personnages, très travaillée
+ Une véritable histoire interactive
+ La bande sonore impeccable

- Réservé aux anglophones (et bons lecteurs)
- Les pré-requis pour deux des fins, assez compliqués à remplir sans guide
- La culture japonaise et ses clichés (trop marqués chez certains protagonistes)

Note indicative : 9,5/10.





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1 commentaire
Canicheslayer

le 14/08/2015
Bienvenue au club des fans Je partage à peu près le même avis que toi. Notamment sur le trop grand nombre de clichés...
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