[Review] The Legend of Heroes Trails of Cold Steel, de Falcom
Par Shadow, le 07/03/2016 à 20h40 (783 vues)
Catégories : Preview & Review, RPG
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L'année précédente marqua le grand retour de la série de RPG classiques de Falcom, avec deux localisations (anglaises) en l'espace de deux mois. Tout cela, on le doit à Xseed, qui avait en même temps déjà commencé à travaillé sur un troisième volet, prévu pour fin 2016. Pour l'heure, affûtez vos lames, et prenez un aller simple pour l'empire d'Erebonia...

Introduction : The Legend of Heroes Sora no Kiseki/Trails in the Sky a su marquer bon nombre de joueurs à sa sortie. Cela grâce à l'immensité de son univers, qui s'est vu développé sur pas moins de trois jeux. Mais même après cela, Falcom n'avait pas fini d'explorer l'ensemble de son univers : il restait en effet de grands territoires inexplorés par les joueurs. Le chapitre de la légende qui nous intéresse aujourd'hui raconte l'histoire d'un grand empire, Erebonia...


Je tiens à vous rassurer tout de suite sur un point : Sen no Kiseki/Trails of Cold Steel (TOCS) peut tout à fait s'apprécier sans que vous ayez une connaissance préalable des autres opus. Si on considère tous les jeux sortis depuis Trails in the Sky, l'éditeur Xseed n'a de toute façon pas localiser 3 jeux sortis avant ce TOCS, donc question méconnaissance de la série, vous serez loin d'être un cas isolé. Il est à noter que le jeu constitue en réalité la première partie d'une intrigue qui trouvera sa conclusion avec Trails of Cold Steel II en fin d'année 2016.

Maintenant que cela est dit, on peut poser le contexte de l'histoire racontée par Falcom. TOCS propose au joueur d'incarner un jeune homme du nom de Rean, venu étudier à l'académie militaire Thors, de grande renommée au sein de l'empire. On y trouve des étudiants de toutes les origines. Dans les classes sont répartis les élèves en fonction de leur classe sociale : il y a les nobles d'une part, et les classes moyennes d'autre part. Très vite après son arrivée, Rean va découvrir qu'il a été choisi pour faire parti d'une classe un peu spéciale, puisque la classe VII a la particularité de mélanger les individus sans distinction de classe sociale! Autant dire que cette surprise ne fait pas que des heureux, et il faudra apprendre à mieux connaître les différents personnages pour surmonter certaines tensions...


TOCS suit un calendrier assez précis, commençant l'année scolaire « à la japonaise » (début avril). Mais puisqu'on se trouve dans une académie militaire, il faut bien avoir conscience que l'apprentissage passe ici le plus souvent... par la pratique! Et donc la classe est régulièrement évaluée pour savoir si elle est capable d'appliquer les savoirs transmis, une fois sur le terrain. Puis vient le coeur du jeu : les études pratiques. Ces voyages organisés par l'académie sont autant d'occasions de découvrir les différents recoins de l'empire et de comprendre la place de chacune de ces zones, dans le grand puzzle que constitue Erebonia.

J'en ai dis suffisamment pour qu'on se fasse une idée assez précise du déroulement du jeu. Il faut savoir que TOCS suit un déroulement assez systématique, alternant les jours passés à l'académie, suivis d'un examen pratique, précédant lui-même les études sur le terrain. Tout cela est plutôt cohérent avec le cadre scolaire adopté par le jeu, cependant il pourra déconcerter certains joueurs. Difficile en effet de trouver naturel l'enchaînement de certains évènements : pourquoi faut-il donc accomplir cette mission pour un tel ou une telle? Qu'est-ce que cela va apporter à l'intrigue? Et en fait on touche là à une des grandes constantes de la série Kiseki, qui laisse généralement le joueur dans le noir total pendant un bon moment, avant de lui révéler ses intentions. Qu'il s'agisse du vécu des personnages, de certaines de leurs réactions, ou des évènements prenant place, on est en effet souvent bien en peine pour saisir la cohérence de l'ensemble. Et pourtant elle existe. Mais ne se dévoilera qu'aux plus patients...


En tous les cas on ne peut que saluer l'originalité du jeu d'une manière générale. Le début parle de lui-même : il y a tout d'abord les premières minutes de jeu (que je vous laisse découvrir), puis c'est surtout la constitution de l'équipe qui est inhabituelle. Les joueurs de RPG sont en général impliqués, plus ou moins, dans la construction d'un ensemble. Dans Suikoden par exemple, le joueur monte une armée pour vaincre un Empire tyranique. Grandia part d'un simple rêve : celui d'un jeune garçon qui souhaite étendre sa connaissance du monde dans lequel il vit. Dans tous les cas, le RPG nous invite à faire un certain nombre de rencontres, certaines débouchant sur des alliances et parfois même, la constitution d'une équipe. Ici, l'équipe est toute faite : c'est la classe VII, que ça plaise ou non. Les réactions des personnages sont à cet égard très crédibles (mécontement vis-à-vis de certains camarades, ignorance pure et simple...). Rean jouera un rôle d'élément fédérateur au sein du groupe, bien souvent malgré lui. Il est d'ailleurs intéressant de voir comment le jeu récompense très concrètement le joueur qui prend la peine de développer ses relations avec les camarades de la classe VII (on y reviendra).


Mais la classe VII n'est pas toute seule au sein de l'académie, et celle-ci est bien loin de regrouper un ensemble de PNJ sans intérêt. En effet, l'académie de Thors a bénéficié d'un soin particulier lors de sa conception : chaque étudiant ou presque possède son nom, son petit portrait et une vie qui lui est propre. On se prend assez vite à s'attacher à la jeune Monica, qui essaie tant bien que mal de parvenir à nager un 50 mètres sans s'arrêter. Ou encore au timide Alan, qui rêve d'être l'unique protecteur pour son amie d'enfance Bridget. D'autres étudiants nous surprennent par leur espiéglerie, leur passion, leur dévouement pour leurs proches... On suit donc pour ainsi dire autant d'histoires qu'il existe de personnes vivant dans l'académie, et c'est sans doute ce qui fait le véritable charme de TOCS.

Mais alors concrètement, comment se déroule l'histoire du jeu? Cela se fait à partir d'un système de quêtes, assez répandu dans le genre aujourd'hui. Certaines quêtes sont plus importantes que d'autres et il est possible pour le joueur de ne réaliser que les quêtes requises pour la progression de l'histoire. Fort heureusement, les développeurs ont construit le jeu par ce système de quêtes, et non pas pour ce système de quêtes ; je m'explique. Il faut comprendre par là que chaque quête essentielle apporte au développement de l'univers et permet ainsi de mieux comprendre les enjeux géopolithiques de l'empire ou le rôle de ses principaux acteurs. À un moment ou un autre de la quête, cela apparaît clairement. Le contexte est présenté, et assez souvent commenté par les personnages de l'équipe, ce qui apporte de l'intérêt même si à force d'enchaîner certaines quêtes, il faut apprécier lire... Mais le jeu n'en fait jamais trop ; les développeurs montrent qu'ils maîtrisent cette façon de faire, et qu'ils n'ont pas besoin de faire des quêtes de remplissage pour retenir le joueur.


La progression du jeu montre ses qualités de conception sur d'autres aspects également. Vous aimez jouer avec vos petits chéris pour délaisser quelques personnages un peu moins agréables à entendre ou à regarder? Ici vous n'en ferez rien, puisque l'académie décide chaque mois de la constitution des équipes pour les études sur le terrain. Cela force le joueur à utiliser tous les personnages et à renouveler son approche des combats. Et là où cette contrainte s'avère très génante dans un Shin Megami Tensei Digital Devil Saga (où on se retrouve parfois à jouer avec des personnages sous-entraînés), dans TOCS le retard se rattrape assez rapidement. À la manière d'un Suikoden, les personnages avec un faible niveau gagnent plus d'expérience, ce qui fait tendre l'ensemble de l'équipe vers un équilibre. Et par le même coup, toute tentative du joueur pour « leveler » est vaine : face à un boss on arrivera dans la tranche de niveaux qu'on est sensé avoir, un point c'est tout. Cela donne une grande fluidité à la progression générale, qui ne subit pas de temps mort.


Pour la partie combat, TOCS se rapproche un peu plus des standards du genre. On a la possibilité d'équiper diverses armes et armures pour chaque personnage, ainsi que des accessoires et autres costumes. Pour donner d'autres effets permanents et attribuer les magies, cela passe par l'installation de Quartz sur une sorte de sphérier. Cette customisation est à tout moment réversible, et le joueur n'aura pas assez d'une seule partie pour découvrir toutes les possiblités offertes par le système. En combat, le joueur peut bénéficier d'un avantage s'il a surpris l'adversaire sur la carte du donjon. Outre l'attaque classique et la magie, chaque personnage dispose de compétences uniques, dont l'obtention est tributaire de son niveau d'expérience. Enfin, il est possible de lier deux personnages en combat, pour combiner leurs forces : une attaque critique pourra ainsi être suivie par une attaque de son partenaire, voire de toute l'équipe. Et en renforçant la relation avec un personnage, se lier à lui offre d'autres avantages, comme un soin en cas de dégâts subis, une contre-attaque...


Avec tous ces ingrédients réunis, il y a de quoi mener des affrontements assez stratégiques. D'autant que Falcom a voulu que chacun trouve son compte en jouant : il y a pas moins de 4 niveaux de difficultés différents. Pour les personnes jouant peu ou pas à des RPG, les difficultés facile/normal sont toutes indiquées ; normal réservant quelques game over si l'on manque de préparation. Pour les personnes qui connaissent la série ou les RPG en général, il est sans doute préférable d'entamer sa première partie en mode difficile. Cela forcera à exploiter au mieux les subtilités du gameplay. Pour les plus acharnés, il existe le mode cauchemar (qui reste plutôt indiqué lors d'un new game plus). Dans tous les cas si vous avez choisi un mode de difficulté trop hardu pour vous, pas de panique! Certes vous ne pouvez pas en changer en cours de partie, mais vous pouvez abaisser temporairement la difficulté si un combat vous apparaît vraiment insurmontable.


Bien entendu le jeu n'est pas exempt de défauts, et si sa progression pétrie de contraintes en constitue un, la réalisation technique datée est certainement le problème le plus visible... Certes le jeu date de 2013 à la base, mais il n'empêche qu'il est à peu près digne d'une PS2... Heureusement sur PS3 les chutes de framerate se comptent sur les doigts d'une main. Par contre sur Vita c'est un peu plus délicat, à en croire les personnes qui ont opté pour cette version, qui comporte également davantage de temps de chargement. Cela dit les développeurs ont eu la bonne idée d'inclure une fonction cross-save pour les personnes possédant les deux versions ; de quoi jouer à la maison ou dans les transports sans problème. Un dernier point interroge quand on joue, c'est le doublage du jeu. Le problème n'est pas avec la version US, proposant un doublage de qualité, avec des voix bien adaptées aux différents protagonistes. Non en fait le problème, c'est que les doublages du jeu ont été réalisés de façon partielle. Et par partielle, il faut comprendre que toutes les scènes ne sont pas doublées, mais qu'en plus certaines ne sont pas doublées en entier. Parfois seul le début de la scène est doublé, ce qui peut à la rigueur servir pour introduire un personnage important (comme Final Fantasy VIII sur PS1 par exemple). Par contre, il est beaucoup plus difficile d'accepter qu'un seul ou quelques personnages se retrouvent sans voix dans une scène, alors qu'on entend parler les autres protagonistes. Le héros, Rean, est un cas récurrent : lors des séquences se déroulant à l'académie, il est presque toujours « muet. » Bref on est assez décontenancé par cet aspect du jeu...

Côté durée de vie, le jeu propose comme je le disais un voyage dans l'Empire d'Erebonia. Chaque ville visitée occupe plusieurs heures. Il est difficile de quantifier précisément le temps qu'on y passe, car cela dépend de l'investissement de chacun. Il y a de quoi jouer 30 à 40 heures au minimum, mais ce temps peut facilement doubler selon la façon de jouer. Déjà il n'y a pas que les combats dans la vie d'un étudiant de Thors. Outre quelques mini-jeux (dont le plutôt sympathique jeu de cartes « Blade »), on peut passer un peu de temps à faire de la cuisine ou de la pêche. La cuisine permet de créer plusieurs plats aux effets variés, le résultat dépendant des personnes qui ont concocté le petit plat. C'est vraiment une bonne idée de s'investir en cuisine, puisque l'argent ne coule pas vraiment à flot, et c'est par conséquent le moyen le plus efficace pour avoir une bonne réserve d'objets de soin. La pêche est une occupation plus anecdotique qui intéressera surtout les complétionnistes.


Mais la majeure partie du temps reste consacrée aux quêtes. Le joueur peut se contenter de faire les quêtes principales, ou chercher au contraire à toutes les faire... et il peut enfin décider de parler à chaque PNJ croisé. Il y a deux raisons qui pourraient vous pousser à cela. La première c'est que chaque ligne de dialogue est renouvelée en fonction des évènements : les dialogues sont ainsi un moyen d'étoffer l'univers du jeu, de le rendre crédible. Et la deuxième raison c'est que la majorité des objets à collectionner sont accessibles de cette façon (recettes de cuisine, livres, ou objets divers). Mais de toute façon il y a une raison qui mettra tout le monde d'accord pour traîner un minimum dans le jeu : les musiques. Dès l'écran-titre, le soft de Falcom semble nous inviter au voyage : on retrouve les personnages dans un train, avec une musique très posée. Puis une fois l'aventure lancée, chaque thème permet au joueur de s'imprégner de l'ambiance du lieu visité. Les musiques de combat sont très entraînantes et comme la série en a l'habitude, les situations de crise sont accompagnées de musiques ennivrantes (ne s'interrompant pas pendant les combats!). On se laisse donc agréablement porté par l'ambiance sonore, et c'est l'un des plus grands atouts de ce TOCS.


Conclusion : The Legend of Heroes TOCS est un peu difficile à aborder. Par sa technique datée et l'ensemble des contraintes enterrant toute possibilité d'exploration, on pourrait se détourner du voyage qui nous est offert. Falcom fait heureusement preuve d'une certaine originalité dans la conception de son jeu. L'amour pour le genre et ses fans est évident lorsqu'on prend le temps de découvrir ce que le jeu a à montrer. Savoir prendre son temps, c'est peut-être la plus grande qualité de ce TOCS. Ou bien son plus grand défaut...

+ Une bonne dizaine de personnages jouables, avec une customisation assez poussée
+ Excellente durée de vie (quel que soit l'investissement du joueur)
+ Une bande son qui nous transporte du début à la fin du voyage
+ L'ambiance générale du jeu, la richesse de l'univers décrit
+ La qualité de la localisation (textes et doublages)
+ Des antagonistes nombreux et charismatiques
+ Cross save entre les versions PS3 et Vita

- Techniquement faiblard (chutes de framerate assez nombreuses sur PS Vita)
- Une histoire coupée en deux, voire trois parties (Sen III étant annoncé au Japon)
- Les importantes contraintes du jeu : très bavard et dirigiste (aucune place pour l'exploration)

Note indicative : 7,5/10.

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3 commentaires
Bahamut-Omega

le 28/03/2016
J'ai du mal à comprendre le "+" pour la localisation
Ok il est enfin sortit en dehors du Japon, mais il y a mieux comme localisation européenne quand même. C'est même très minimaliste , tout en anglais (et même partiellement concernant les voix comme tu le dis), même chose que la versions US...

En tout cas c'est LE défaut du jeu que je retiens personnellement. Pour un jeu avec un tel background, et un style très manga, c'est très dommage qu'il n'y ait pas eu de trad Fr ou de dual audio.
Raymontp

le 08/03/2016
Je suis au chapitre 5.
J'ai toujours peur de passer a coté de quelque chose donc je tape la discute avec les PNJ mais je trouve parfois que c'est un peu trop...j'ai l'impression de pas en voir le bout.
Par contre, oui, pour peu qu'on s'y investisse, le jeu est excessivement riche!
Edgey

le 07/03/2016
D'accord de façon générale avec ton avis (j'aurais rajouté un petit 0.5 perso ) mais je trouve que tocs a un problème au niveau des quêtes surtout dans les premiers chapitres, elles sont très génériques (tuer le montre sur la colline,chercher l'ingrédient x ....) c'est d'ailleurs pour ça que je préfère tits à tocs, les quêtes étaient mieux faites.
Sinon sympa à lire ton avis
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